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| ACID MOTHERS TEMPLE & THE
MELTING PARAISO U.F.O. |
| Mantra of Love |
| Alien8 Recordings |
| 2004 |
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| 7 sur 10 |
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De nos jours, beaucoup trop de groupes
sont accusés de faire de la musique de drogués et l'adjectif psychédélique est
utilisé à outrance pour décrire des choses qui ne le sont que légèrement. Cette mise
au point étant faite, permettez-moi maintenant de déclarer sans gêne qu'Acid Mothers
Temple est de la musique de drogués et que le seul qualificatif qui puisse faire justice
à Mantra of Love est le terme psychédélique employé dans toute sa gloire. Les
opus ambitieux du productif collectif japonais sont probablement l'approximation la plus
juste de la musique d'ambiance qui résonne dans le cerveau fracturé de votre ami un peu
distant qui a deux ou trois badtrips d'acide de trop à son actif. Bien
évidemment, ce n'est donc pas exactement le genre de musique que toute la famille voudra
écouter au prochain réveillon de Noël. Mais si le public cible des freak-outs
cosmiques de la bande de Kawabata Makoto n'est pas particulièrement large, Mantra of
Love demeure l'un des albums les plus accessibles d'Acid Mothers Temple.
Au contraire du premier album du collectif pour l'étiquette montréalaise Alien8
Recordings, le très bruyant et généralement peu apprécié Electric Heavyland, Mantra
of Love est axé dans les limites permises par le genre sur les mélodies et s'avère
un périple relativement peu dangereux même pour les non-initiés. Divisé en deux
morceaux bien distincts, La Le Lo et L'Ambition dans le miroir, Mantra of
Love expose deux facettes bien distinctes du même groupe. La première débute sur
une sorte de prière en occitan qu'entonne Cotton Casino pour six minutes au terme
desquelles le groupe explose pour se lancer dans une lutte épique à la fois majestueuse
et délirante. Alors que la basse remarquablement articulée de Tsuyama Atsushi serpente
férocement autour de la batterie déchainée de Koizumi Hajime, guitares et
synthétiseurs se livrent un combat à mort pour savoir qui prendra le plus de place dans
l'espace sonore. La tension redescend de temps à autre avec le retour de la chanteuse,
qui vient reprendre son paisible thème entre deux envolées spatiales.
L'Ambition dans le miroir est une toute autre histoire que La Le Lo et se
situe dans une contrée beaucoup plus invitante du pays de Makoto. Ceux qui n'avaient pas
encore à ce jour compris le concept de la stéréophonie le saisiront dès l'introduction
de cette marche hypnotisante qu'Alien8 va même jusqu'à qualifier d'easy-listening.
Il est vrai que ce segment du voyage auquel nous sommes conviés est bien plus reposant
que le précédent. Après l'intensité de La Le Lo, les claviers enveloppants et
les motifs de guitares solennelles de L'Ambition dans le miroir semblent des plus
invitants. Pourtant, une ombre envahit progressivement nos sens au fil de la pièce. Comme
dans toute bonne composition psychédélique, les difficultés du down ne sont
jamais bien loin.
À vrai dire, il faut non seulement être un peu dans les nuages pour pleinement
apprécier Mantra of Love mais aussi être de bonne foi. Sans être
particulièrement mal enregistré, on ne peut pas dire que les subtilités de cet imposant
édifice sonore soient particulièrement faciles à distinguer. La masse prime sans
équivoque sur le détail dans l'univers d'Acid Mothers Temple. La Le Lo,
d'ailleurs, n'est finalement qu'un amas de sons qui ne suit pas de progression véritable.
C'est l'alternance entre les deux tons de la chanson qui lui permettent de fonctionner
selon une certaine dynamique. L'effet général de la musique du collectif japonais
s'apparente beaucoup plus à la transe qu'à la fascination étudiée.
L'Acid Mothers Temple est une expérience auditive extrême qu'il peut s'avérer fort
plaisant de vivre et Mantra of Love est sans doute un excellent passage pour
accéder à son univers. Groupe culte dont la production annuelle dépasse l'entendement,
la troupe cosmique du pays du soleil levant demeure un objet difficile à saisir qu'on
aime ou pas. Gageons cependant que plusieurs joints s'allumeront à l'unisson pour
célébrer cette nouvelle épopée du Melting Paraiso U.F.O. peu importe ce que vous en
penserez. À découvrir avec précaution. |
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| - Alexandre Fontaine Rousseau, 15
Février 2005 |
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