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| BATHYSCAPHE |
| -11034m |
| Where Are My |
| 2004 |
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| 7 sur 10 |
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Il n'est pas rare qu'une formation
post-rock donne une dimension nouvelle à ses compositions en y accolant un concept
particulier. Les symphonies de fin des temps de Godspeed You! Black Emperor seraient-elles
vraiment les mêmes sans cette dimension politique que le groupe y injecte par l'entremise
d'une esthétique et d'une éthique de travail particulière? Sur -11034m,
Bathyscaphe tente d'employer cette pratique éprouvée à son avantage. La formation
française présente donc -11034m comme étant inspiré du monde aquatique et en
particulier des fosses marines, ces insondables canyons creusés à même le fond des
océans qui demeurent à ce jour la dernière contrée véritablement inexplorée de notre
planète. À ce niveau, purement thématique, l'album peut franchement être qualifié
d'échec, n'ayant ni la fluidité ni l'engourdissement que l'on associe normalement à
tout ce qui est mer et océan. En fait, seules les excellentes pièces Shutter-Release
et Kilauea ainsi que la guitare de la pièce-titre stimulent de telles sensations.
Heureusement pour le trio, la force même de sa musique mérite notre attention peu
importe la pertinence du fameux concept agrafé à celle-ci pour en justifier l'existence.
Le fait est que le groupe français arrive à se distinguer dans le monde du rock
instrumental par la grande qualité de la fusion qu'il tente d'accomplir entre
l'électronique et l'instrumentation rock traditionnelle. Bathyscaphe est en fait un trio
rock de base, batterie, basse et guitare, dont deux membres se sont aussi improvisés duo
de production électronique. Or, en écoutant les meilleures pièces de l'album telles que
-11034m, on a l'impression que ces deux facettes de la personnalité du groupe sont
en parfaite symbiose. L'élément électronique ne semble pas avoir été bêtement
imposé par dessus le travail instrumental du trio.
De plus, la force de frappe de Bathyscaphe surprendra les habitués de l'étiquette Where
Are My Records. Loin du calme placide auquel nous a habitué la maison d'édition
lavaloise, -11034m mise sur une basse tonique et survoltée ainsi que sur une
batterie pesante tout autant sinon plus que sur l'atmosphère planante de ses passages
plus calmes. La formation pousse ses pièces vers l'intensité plus souvent que vers
l'introspection. Il en résulte un album dynamique dont l'énergie n'empêche pas une
certaine retenue aux moments choisis. On ne peut pas dire que les ingrédients de la
recette proposée par Bathyscaphe sont d'une originalité éclatante. Mais, tout au long
des huit pièces de -11034m, le groupe arrive à conserver notre intérêt en
partie grâce au taux d'octane élevé de celles-ci.
Cependant, il n'y a au niveau de la construction des pièces aucune surprise majeure à
signaler. Les compositions de Bathyscaphe suivent règle générale la traditionnelle
formule de la répétition d'un motif mélodique servi en crescendo, le tout agrémenté
de pauses ambiantes à saveur plus électronique, que la plupart des groupes post-rock
exploitent. Finalement, -11034m plaira certainement à ceux que le genre intéresse
encore... alors que les autres qui trouvent qu'il ne s'y fait plus rien de neuf verront
fort probablement la musique de Bathyscaphe sous un jour différent. Cela dit, le groupe
français peut se féliciter d'avoir concocté un album fort réussi où il n'hésite pas
à souligner la présence du mot rock dans l'appellation post-rock. Intéressant et bien
fait. |
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| - Alexandre Fontaine Rousseau, 4
Avril 2005 |
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