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| THE BLACK HEART PROCESSION |
| The Spell |
| Touch & Go |
| 2006 |
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| 8.5 sur 10 |
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On peut dire quil se sera fait
attendre ce cinquième album officiel des Californiens de The Black Heart Procession.
Après avoir été les invités dhonneur de la 11e édition de lexpérience
musicale In the Fishtank de létiquette néerlandaise Konkurrent, The Black
Heart Procession reviennent hanter nos nuits avec The Spell. Un album marquant
également un retour aux atmosphères plus sombres et sinueuses de leurs trois premiers
efforts. Les élans du groupe ont toutefois conservé la touche cinématographique
quils avaient acquis lors de la mise en scène du trépidant polar Amore Del
Tropico. The Black Heart Procession ne cherchent pas ici à chambouler les fondements
même de leur univers musical. Le groupe a un son bien à lui et compte lexploiter
jusquau bout. Nous marchons évidemment en terrain connu, mais nous devons bien
admettre que ce dernier na jamais été aussi bien aménagé.
La troupe de Pall Jenkins et Tobias Nathaniel est rendue exactement là où nous
espérions la retrouver après le génial Three. Mieux encore, The Spell
ne fait aucunement paraître Amore Del Tropico ou même In the Fishtank 11
comme des efforts futiles dans la carrière du groupe et intègre parfaitement les acquis
de ces deux galettes extraterrestres dans ce qui savère la suite logique de leurs
trois premiers efforts. The Spell présente ainsi un travail de synthèse
prodigieux dans lequel The Black Heart Procession ont même su mettre en pratique quelques
leçons apprises lors de leur collaboration avec Solbakken.
De ce fait, les guitares électriques sont beaucoup plus présentes et élèvent
majestueusement la portée de certaines pièces comme The Spell, The
Replacement et GPS. Cette ascension ne se traduit évidemment pas par une
explosion de son et de distorsions et vient plutôt remplir certains espaces que la
formation ne sétait jamais risquée à combler par le passé. Leur présence se
traduit également par l'apparition d'une tangente plus « pop » mis en valeur par Not
Just Words, probablement la pièce la plus radiophonique que signa le groupe
jusquà maintenant sans que cela ne se traduise par un signe de faiblesse, bien au
contraire. The Spell se veut, certes, un album moins expérimental que 2
et Three et témoigne plutôt dun formidable gain dassurance
résultant des sessions denregistrement fructueuses dAmore Del Tropico,
lequel leur permet désormais de passer aux choses sérieuses.
The Black Heart Procession nous présentent de nouveau un mélange rock folk mélancolique
délaissant les nouvelles technologies pour laisser toute la place à des instruments plus
traditionnels. Les ambiances de ce cinquième album nous trimballent alors à
lintérieur dun vieux saloon où le groupe fouille le cur des âmes en
peine peuplant les lieux par une nuit pluvieuse. Les variations dintensité entre
chaque pièce sont dailleurs élaborées avec la plus grande attention. Le groupe ne
sen fait toutefois pas avec les détails superflus. Malgré tout, chaque instrument
joue un rôle bien précis. Le piano de Tobias Nathaniel et la voix légèrement écorché
de Pall Jenkins, se révèlent alors des atouts extrêmement puissants dans la mise en
relief de passés et de pensées aussi sombres.
Nous pouvons affirmer sans avoir peur des mots quabsolument tout réussit à The
Black Heart Procession sur ce cinquième opus. Ce nouveau travail studio aussi méticuleux
quinspiré leur permet ainsi de conserver leur titre de plus dignes successeurs de
Nick Cave. Au cas où vous nétiez pas encore au courant, la cuvée musicale 2006 en
est une des plus exceptionnelle. Que The Spell se révèle leffort le plus
solide du groupe à ce jour na, dans cette optique, rien dune surprise en soi.
La formation californienne continue ainsi dafficher une constance exemplaire dans sa
progression, laquelle lui vaudra peut-être enfin toute la reconnaissance qui lui ait dû. |
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| - Jean-François Vandeuren, 5 Juin
2006 |
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