 |
 |
| GOBLIN |
| Profondo rosso |
| Cinevox / Pick Up Records |
| 1975 |
|
| 5 sur 10 |
|
Lhalloween est source de fêtes
mémorables et dun genre particulier de film. Mais quen est-il de la musique
au cours de cette fête des morts? Nous avons tous été terriblement déçu, un jour ou lautre,
par ces trames sonores festives où lon compile des espèces de midis ultra-poche à
tendance glauque retardée contenant vingt rires démoniaques au dix secondes
en plus des innombrables effets sonores de pacotilles qui ne font même pas peur au
hamster du petit voisin. Heureusement, certains groupes produisent de la musique que lon
peut considérer comme étant de la musique dhallowen, puisquelle sy
prête tellement bien.
Tous les fans de films gore italiens les connaissent puisquils ont signé la musique
de la plupart des films du célèbre réalisateur (à défaut dêtre grand), Dario
Argento. Goblin, un groupe que lon pourrait classer dans le style rock progressif,
s'est fait avec lhorreur toute une réputation. En effet, ces derniers, par choix ou
pas, ont toujours été associés à la série B italienne, en créant des ambiances dépouvante
avec un savoir-faire certain. Contournant le ridicule ou la facilité, leur premier opus a
tout de la musique dépouvante sans la mièvrerie inhérente à ce genre de musique.
Mixant un jazz énergique à des progressions rock démoniaques, Profondo Rosso ne
fait pas dans le velours, surtout dans les chansons où lon entend les effets
sonores sanglants du film. La version de lalbum décrite dans cet article, est celle
remastérisée daprès les masters originaux. Une version de collection qui contient
toute la musique enregistrée pour le film, cest à dire environ quarante-cinq
minutes de plus que lalbum original. Les vingt-huit pièces ne valent cependant pas
toutes la peine. À ce sujet, les sept versions de School at Night vont taper sur
les nerfs de la personne la plus endurante. La dite chanson, une comptine enfantine
psychotique, mérite sa place sur lalbum. Mais après avoir entendu une fois les
versions Celesta, Child, Echo et Music Box, on en a assez.
Cependant, les versions de Deep Shadows et de Death Dies qui nont pas
fait la trame originale valent le détour.
Le thème principal consiste en un espèce de mélange entre Mike Oldfield et King Crimson
mixé dans une ambiance tendu dhorreur, avec tout ce que lon peut imaginer dorgues
et de clavier cristallin. Le fantôme dOldfield est aussi présent sur Mad Puppet
avec sa ligne de basse déjantée tirant sur le rock amateur glauque. Dans Death Dies,
Goblin se laisse aller à une improvisation jazzée et énergique, une pièce où plane le
mystère livré dans une enveloppe dansante avec des texture de pianos intéressantes.
Puis on revient à dautres versions des chansons de lalbum, variations sur un
même thème qui passent bien sans êtres vraiment incroyables.
Par ailleurs, lalbum commence à devenir vraiment intéressant grâce à la
participation du compositeur Giorgio Gaslini. Deep Shadow est une composition se
retrouvant sur lalbum original, mais les reprises de ce disque lui donne une teinte
métal, presque hardcore ou math-punk. Ces reprises trash sont vraiment disjonctées.
Gaslini fait penser à un Keith Emerson plus violent, vraiment en contrôle de ses
hallucinations cauchemardesques.
Malgré tout, Profondo Rosso est un album qui ne sort pas souvent étant donné linconsistance
de sa structure. On aurait aimé un peu plus de suite dans les idées au niveau de la
continuité des pièces. À bien y penser, cette version de la trame sonore vaut plus la
peine que loriginale seulement si vous êtes prêt à appuyer sur le bouton suivant
quelque fois lors de lécoute. Bien sûr, cest un classique des soirées dHalloween
et un amusant mix de rock progressif et de jazz. Mais au-delà dune ambiance
gothique kétaine particulière, lalbum sadresse aux habitués qui connaissent
déjà Goblin et respectent le groupe malgré tout. |
|
| - Nicolas Martel, 31 Octobre 2005 |
|
 |