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| HANDSOME BOY MODELING SCHOOL |
| White People |
| Atlantic/Elektra |
| 2004 |
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| 6.5 sur 10 |
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Qualifié par plusieurs de déception
pure et simple, ce deuxième album assemblé sous l'effigie du Handsome Boy Modeling
School n'est certes pas la meilleure réalisation qu'ait à ce jour dirigé le célèbre
producteur hip hop Dan «The Automator» Nakamura, responsable entre autre du Dr.
Ocatgon et de Gorillaz, mais il n'en demeure pas moins que derrière quelques
erreurs formelles somme toute pardonnables se cachent plusieurs chansons plus
qu'intéressantes. Parodie du monde hypocrite et superficiel de l'industrie musicale
commerciale, Handsome Boy Modeling School est une occasion pour Nakamura et son acolyte
Prince Paul de ridiculiser cet univers de rêves vides et de relations sociales
artificielles avec l'aide d'une panoplie de vedettes qui ont su en tirer profit et
d'artistes qui ont su conserver une certaine distance par rapport à celui-ci.
En ce sens, la liste d'invités de White People a de quoi faire tourner la tête de
quiconque. Mais c'est peut-être cette hallucinante diversité qui rend l'album parfois
difficile à digérer. Cela dit, les pièces écrites par le duo avec cette armada de
collaborateurs valaient règle générale la peine d'être enregistrées. The World's
Gone Mad est une sorte de relecture reggae du Clint Eastwood de Gorillaz où
Alex Kapranos de Franz Ferdinand vient remplacer Damon Albarn pour tenir la réplique à Del
The Funky Homosapien. Sur Breakdown, c'est le simulacre de Ben Harper de
l'heure Jack Johnson qui accepte de moderniser les arrangements d'une de ses jolies
compositions estivales détendues avec l'aide du DJ Kid Koala. Tout aussi surprenante est
la participation de Cat Power à ce qui s'avère être tout sauf un simple album de hip
hop.
Cela dit, l'éclair de génie des deux producteurs demeure cette idée un peu saugrenue
mais étonnamment inspirée d'avoir demandé à Cedric Bixler de The Mars Volta de venir
reprendre la mélodie du légendaire Stayin' Alive des Bee Gees pour répondre aux
rimes de RZA, alors qu'en arrière-plan son comparse Omar Rodriguez gratte sur sa guitare
une ligne mélodique mémorable. Chino Moreno des Deftones vient s'époumoner sur la
nerveuse The Hours alors que son mentor Mike Patton fait une apparition sur
l'amusante mais prévisible Are You Down With It. Toutefois, certaines apparitions
demeurent plus énigmatiques et autrement moins agréable, comme celle de deux membres de
Linkin Park sur l'éclaté mais incohérente Rock and Roll (Could Never Hip Hop Like
This) Part 2. C'est bien simple, jamais ces sous-produits risibles de Faith No More ne
devraient se retrouver sur la même galette que l'original. Leur crédibilité inexistante
en dépend.
Malheureusement, la multiplication des sketchs humoristiques douteux devient à la longue
irritante en plus de porter un sérieux coup au rythme de White People. Car voilà
que l'album n'arrive jamais à lever vraiment tant il souffre de ces boursouflures peu
divertissantes créées pour justifier un concept qui, de toute façon, fonctionne mieux
lorsqu'il est exploité avec subtilité. On semble vouloir écorcher l'individualisme
moderne sur If It Wasn't For You et la hiérarchie sociale établie sur Class
System, mais White People fonctionne finalement mieux au niveau purement
sonique.
Bien que la production signée par The Automator et Prince Paul s'avère comme à
l'habitude impeccable, on reste en fin de compte légèrement sur notre faim. White
People est malheureusement plus schizophrène qu'éclectique. Ce qui aurait pu
s'avérer une satire mordante du monde de la musique mercantile tombe dans certains de ses
pièges. Il en résulte un album morcelé dont de nombreuses chansons méritent une
oreille attentive, un tout qui n'est absolument pas équivalent à la somme de ses
parties. Si des chansons telle que l'excellente A Day In The Life valent le
détour, White People est un album épuisant à écouter qu'un contrôle plus
serré de la qualité aurait sans doute rendu plus agréable. |
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| - Alexandre Fontaine Rousseau, 11
Avril 2005 |
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