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| LED ZEPPELIN |
| Led Zeppelin III |
| Atlantic |
| 1970 |
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| 9.5 sur 10 |
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Si les deux premiers albums de Led
Zeppelin étaient coulés dans le même moule blues-rock aux lourds accents
psychédéliques, ce fut avec son troisième album que la légendaire formation
britannique commença à explorer plus sérieusement de nouvelles avenues. Avec III,
Led Zeppelin remettait en question sa formule en plongeant dans le bassin de la tradition
folk et en expérimentant avec de nouvelles formes de rock dur. Ce faisant, le groupe
inventa pour notre plus grande joie le viking-metal, commença à flirter avec le funk
qu'il étudierais plus en profondeur sur Houses of the Holy et offrit par la même
occasion un troisième classique consécutif.
La grande force de III est peut-être d'avoir été relégué de façon fort
relative aux oubliettes par le genre de programmation radiophonique abusive qui transforma
par exemple Stairway to Heaven en incontournable obsession de la salle d'attente
comme de la station de rock classique. Le grand danger auquel fait face Led Zeppelin,
outre l'amour-propre dont peut faire preuve Jimmy Page lors de ses solos en concert,
demeure la surexposition lassante. Mais de ce troisième opus, seules la sauvage Immigrant
Song et la jolie Tangerine, l'une des meilleures ballades que le célèbre
guitariste ait réussi à soutirer de sa douze cordes, sont devenus de véritables piliers
du merveilleux monde de la radio FM. Peut-être est-ce cette tendance à être à tort
effacé du répertoire populaire de Zeppelin qui rend l'album si intéressant aujourd'hui.
Mais c'est aussi parce que III se distingue véritablement du canon Zeppelin-ien
qu'il en devient l'un des grands atouts.
Il faut dire que jusqu'au double Physical Graffiti, le quatuor semblait ne pas
connaitre le sens du mot erreur. Les riffs monumentaux de Page associés à la formidable
section rythmique du groupe demeurent une combinaison gagnante peu importe ce que certains
en diront. Que le groupe explore sur la deuxième face de ce troisième disque une facette
plus naturaliste et organique de sa personnalité et s'en tire de façon plus qu'honorable
a de quoi surprendre. C'est une esthétique tout à fait contraire à celle qui avait fait
la gloire du groupe sur les meilleures chansons des ses albums précédents. Pourtant,
elle lui sied à merveille. Gallows Pole s'avère une version remarquable d'une
chanson folklorique traditionnelle à laquelle le groupe, tout particulièrement John
Bonham et sa batterie musclée et propulsive, insuffle un puissant mordant. En fin de
parcours, le soulèvement général, guitare électrique survoltée à l'appui, offre au
folk le genre de tressaillement que Dazed and Confused fut pour le blues.
L'enjouée Bron-Y-Aur Stomp s'avère pour sa part l'un des trésors cachés du
répertoire de Led Zeppelin, un joyeux morceau acoustique jovial et jubilatoire qui
respire le soleil d'été.
Sur la première face de III, Led Zeppelin poursuit sur la lancée de l'incroyable II
avec une poignée de chansons éclectiques qui récapitulent le parcours tracé par le
groupe tout en indiquant quelques avenues qu'il explorerait dans un avenir proche. C'est
à ce niveau un kaléidoscope d'idées fortes servies avec une maitrise impeccable par un
groupe encore en pleine possession de ses moyens. Friends est une hallucinante
traversée du désert qui prédispose à la tangente sur laquelle se lance la deuxième
moitié de l'album, alors que Celebration Day est un morceau funky à souhait qui
annonce Houses of the Holy plusieurs années avant sa sortie. Pour sa part, la
géniale Since I've Been Loving You est une grosse tranche de blues bien gras et
bien sentie où Jimmy Page mise comme il le fait rarement sur son véritable talent: sa
capacité à aller chercher en une simple poussée du doigt vers le ciel le demi-ton qui
fait toute la différence.
Sans atteindre les sommets ahurissants de Led Zeppelin I ou II, III
s'avère une autre entrée majeure dans l'imposante discographie de l'incontournable
formation. Possiblement la parution la plus variée et la plus surprenante de l'âge d'or
du groupe, l'album se démarque non seulement de la production hard rock de l'époque mais
aussi des autres albums de Led Zeppelin. Sans pourvoir à proprement parler de classique
sous-estimé, puisqu'il s'agit tout de même d'un album universellement célébré et
apprécié de l'une des formations les plus populaires de tous les temps, Led Zeppelin
III demeure un disque trop souvent passé sous silence au profit de ses confrères
règle générale mieux connus. Dire que tout amateur de rock qui se respecte doit en
posséder une copie est un pléonasme. À redécouvrir. |
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| - Alexandre Fontaine Rousseau, 28
Mars 2005 |
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