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| SEAN LENNON |
| Friendly Fire |
| Capitol |
| 2006 |
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| 7.5 sur 10 |
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On na pas besoin de fiche de
route ou dinformations de base lorsque lon tente de faire la critique de lenfant
de lun des plus célèbres auteurs-compositeurs de lhistoire. D'ailleurs,
même cette appellation ne semble pas rendre justice à l'héritage que John Lennon a
laissé à notre monde. Bref, on peut dire que son fils, Sean Lennon, a lembarras du
choix lorsquon parle de « carrière ». Mais la musique semble lui venir tout
naturellement, ce à quoi personne ne semble sopposer. L'artiste tempéré et
délicat sort cette année lalbum Friendly Fire, un opus qu'il aura prit huit
ans à concocter. Et quel est le résultat? Probablement l'un des albums les plus parfaits
de l'année en terme de sensation pop pur, mais aussi l'un des plus prévisibles en son
genre. Friendly Fire est un classique instantané qui, toutefois, s'avère facile à
délaisser au fond de notre collection. Cest lalbum qui hante notre vie
pendant une courte période de temps puis se cache pour ne faire que du bien lorsquon
le ressort presque par hasard.
Il faut sentendre sur lassociation « sensibilité pop » avant de continuer.
À la première écoute, on se demande bien si notre lecteur n'a pas confondu Friendly
Fire avec Meaningless de Jon Brion ou alors Figure 8 dElliott
Smith. Même si cela peut sembler assez cruel comme affirmation, le produit final est
franchement proche de ces deux albums magnifiques. Ceci nest pas forcément une
mauvaise chose (un peu plus lorsque lon dénote la participation de Jon Brion sur la
pièce-titre de lalbum). Cependant, quelquun qui découvre le style sera
charmé par les arrangements sublimes et par leur façon de toujours frapper au bon
moment. La force de Sean Lennon - et de tous ces artistes auxquels on l'associe - est la
manière dont il monte vers le refrain, ce moment qui le précède. La puissance de la
mélodie et son intensité graduelle toute en ascendance ne font que canaliser lintemporalité
de chaque pièce de lalbum. Spectacle ou bien Parachute marchent à
merveille grâce à leur dépendance au refrain, alors que le contraire pose souvent
problème dans les chansons conçues pour la masse. Étrangement, un artiste tel que
Lennon semble être un prodige pop même s'il est complètement ignoré par ladoration
bourgeoise. Un mystère.
Si on veut parler des points forts de lalbum, la réponse devient alors très
subjective. Chaque chanson offre un petit quelque chose, que ce soit dans la voix de
Lennon ou alors dans les arrangements. On détecte un certain souci du détail tant par
les coups de guitares acoustiques sur On Again, Off Again qu'avec la cadence
répétitive de Falling Out Of Love. On sent de plus que la production, signée par
Lennon lui-même, est l'une de ses préoccupations principales. Heureusement, ce n'est
jamais au détriment de la musique qui demeure lessence des chansons. On peut
facilement simaginer les débuts gracieux qu'a connu une pièce telle que Would I
Be The One avant de devenir une pièce avec plus de distorsion. On ressent quand même
les bases acoustiques ou la composition sur un piano des orchestrations magistrales qui
remplissent les pièces dune grande richesse.
Lamour est un thème primordial des chansons de Lennon fils, comme il l'était dans
celui du père: le mot lui-même revient d'ailleurs souvent. Mais de quel genre damour
s'agit-il? On apprend vite que celui qui se dégage de Friendly Fire nest pas
nécessairement celui dune relation garçon-fille, mais plutôt un amour universel:
lamour pour ce qui nous entoure et ce qui compose notre vie. On apprend à
apprécier chaque moment, même si lalbum peut difficilement avoir un impact
au-delà de sa courte durée. Peut-être que ma vision de lalbum dépasse vraiment
son thème principal, mais on sent quune part de notre expérience avec Sean Lennon
subsiste dans notre projection de ses mélodies. Si seulement Dead Meat pouvait
arrêter de hanter mes rêves
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| - Maxime Monast, 1er Décembre
2006 |
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