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| MARJORIE FAIR |
| Self Help Serenade |
| EMI |
| 2005 |
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| 5 sur 10 |
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En cette période aride dans le monde
des nouveautés, il faut savoir prendre des chances si l'on souhaite donner un nouveau
souffle à sa collection de disques. C'est dans cette optique que ce premier album de
Marjorie Fair m'est tombé entre les mains. Me demandant bien quoi écouter, voici que se
pointe un disque avec une jolie pochette vantant les mérites de son contenu produit par
Rob Schnapf, collaborateur de longue date de feu Elliott Smith, influencé par les Beach
Boys et par Pavement. Pourquoi pas?
Marjorie Fair se présente comme groupe mais est en fait le projet d'un seul homme, Evan
Slamka, et de collaborateurs. On pourrait résumer l'affaire en disant que Marjorie Fair
s'inscrit dans cette lignée de groupes à donner dans ce filon de pop-rock intimiste
qu'aura (re)popularisé Coldplay. La formation californienne s'inspire nécessairement de
son milieu de vie, ce qui crée une fusion de pop ensoleillée effectivement inspirée des
Beach Boys ou de Brian Wilson à une mélancolie typiquement mancunienne qu'on pourrait
attribuer au fait de vivre dans un quartier désafecté de Los Angeles. Toutefois, de
façon très concrète, le résultat pourrait facilement passer pour un Pink Floyd faible
en gras, dilué, réembouteillé et prêt à être resservi avec toute l'émotion
caractéristique à une ligne de montage.
Pas que Self Help Serenade soit un mauvais disque. On parle ici de chansons fort
décentes. La présence vocale rêveuse, très proche de Roger Waters par moments, coule
à travers la musique comme on peut s'y attendre. Les guitares texturées confèrent à la
pop de Slamka la mélodieuse mélancolie typiquement britannique qui modela ce genre de
musique. Le principal défaut de Self Help Serenade, c'est l'absence totale de
signe distinctif.
L'album s'ouvre sur Don't Believe, introduction intéressante par son alliage
réussi de soleil et de ciment, créant un aura d'optimisme réservé dans une Cité des
anges crasseuse. La seconde pièce du disque, Halfway House, saura également
charmer par la texture des guitares rappellant les meilleurs moments du génial Agætis
Byrjun de Sigur Ros (toutefois sans le même impact, il va sans dire). Empty Room,
premier et seul simple du disque à ce jour, est une pièce de pop agréable qui saura
probablement se mériter une plus ample diffusion. On notera aussi My Sun Is Setting
Over Her Magic qui conclut le disque comme il se doit de l'être, avec mélancolie
mais jamais sans espoir. Mais à ce point, l'étincelle n'y est plus. Ce n'est pas le
niveau d'inspiration du groupe qui change, c'est notre attention qui fuit.
Tristement, Marjorie Fair peut être associé à un des pires créneaux pour un groupe de
musique. Les mélodies sont riches, bien structurées, parfaitement montées, mais jamais
mémorables. Les textes sont bien rendus, s'harmonisent bien avec la musique, mais
demeurent toujours un peu vides. Il ne s'agit pas d'un mauvais album, loin de là. Mais il
ne s'agit certainement pas d'un disque à posséder étant donné le manque de
personnalité qui l'empêche de faire sa marque. Self Help Serenade est donc un
disque destiné à l'oubli le plus complet. |
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| - Jean-François Cadieux, 24 Août
2005 |
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