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| MOGWAI |
| Happy Songs For Happy
People |
| Matador |
| 2003 |
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| 8 sur 10 |
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Avec des titres de chansons tels que Hunted
By A Freak et Kids Will Be Skeletons, le dernier Mogwai ne ressemble en rien à
une collection de chansons joyeuses pour des gens joyeux. Alors, ce titre optimiste ne
serait-il que pure ironie? En fait, on sent plutôt qu'il s'agit de chansons composées
par un groupe heureux, à défaut d'être une vague déferlante de ritournelles
ensoleillées. Car la formation écossaise livre ici un album confiant et maitrisé, une
oeuvre unie et cohérente qui à défaut d'être éclatante à première vue recèle des
instants de beauté incommensurables. Ce que Mogwai livre ici n'est pas un classique
marquant comme l'était par exemple Young Team. Mais, subtilement, le groupe de
Glasgow a concentré sa charge et tiré des conclusions des erreurs de Rock Action
tout en s'affairant à conserver l'efficacité de ce dernier.
Happy Song For Happy People est donc un album relativement calme construit autour
de chansons indépendantes les unes des autres que le groupe a cimentées par l'entremise
d'interludes planants. Pas de surprise majeure jusqu'ici pour l'amateur de post-rock
moyen. Mogwai est devenu l'une des références du genre, l'une de ses formations clés.
Or, leur évolution ne passe pas par une recherche incessante de la nouveauté mais
plutôt par le raffinement d'une formule établie. Grosso modo, l'utilisation de vocodeurs
fantomatiques sur Hunted By A Freak et Killing All The Flies est le gros
ajout effectué par le groupe sur Happy Songs. Personne ne qualifiera ce quatrième
disque de Mogwai de surprenant. Cependant, les ingrédients habituels y sont servis très
habilement.
Plus électronique, plus calme aussi, Happy Songs For Happy People prend du poil de
la bête au fil des écoutes, s'imposant lentement comme un disque de post-rock plus
chaleureux que la moyenne. Même les pièces plus lugubres, finalement, bercent l'auditeur
plus qu'elles ne le traumatisent. Stop Coming To My House est l'un des rares
moments où la distorsion triomphe. Les percussions ressemblent à des bombes qui tombent.
Pourtant, l'ensemble de la pièce flotte sur des nappes de claviers atmosphériques
tempérées.
Hunted By A Freak ouvre l'album sur une note magnifique. Sombre et glauque,
construite autour d'un motif de guitare simple mais évocateur, la pièce s'élève
majestueusement au niveau de classique du répertoire de Mogwai en quelques quatre
minutes. Seule pièce plus longue de cet album très concis, l'excellente Ratts of the
Capital est aussi l'une des seules à exploiter à fond la technique du crescendo qui
se libère en un éclat. Ailleurs, la loi de la progression règne. D'où l'impression
qu'il s'agit d'un album plus mature, plus posé. C'est aussi cette sincère sensation
qu'il s'agit d'un travail de groupe harmonieux qui permet à Happy Songs For Happy
People de se distinguer de la masse.
En fin de compte, le Mogwai cuvée 2003 est une réussite toute en subtilité. Car bien
qu'ils n'impressionnent plus autant qu'avant, les Écossais ont su livrer un album de rock
instrumental bien au-delà de la moyenne, bien ficelé et constamment inspiré. Évitant
les clichés d'un genre qui n'en manque pas, Mogwai continue de s'imposer comme une unité
musicale solide qui, sans avoir l'éclat apocalyptique de Godspeed You! Black Emperor,
livre des albums constamment convaincants et loge toujours quelques pièces géniales dans
notre encéphale. Le post-rock aurait-il trouvé son Pearl Jam? |
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| - Alexandre Fontaine Rousseau, 2
Mai 2005 |
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