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| NINE INCH NAILS |
| The Fragile |
| Nothing/Interscope |
| 1999 |
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| 9.5 sur 10 |
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La sortie dun album de Nine Inch
Nails a toujours eu un caractère un peu événementiel. Dans le cas de The Fragile,
il sagit dun concept qui joua autant en sa faveur quil lui mis des
bâtons dans les roues. Alors que Trent Reznor sacharnait sur ce projet ridiculement
ambitieux, bon nombre de fans avaient déjà eu le temps de simaginer à
répétition comment aurait dû sonner cette suite à linévitable The Downward
Spiral. Inutile de dire que la sortie de The Fragile amena son lot de
déception vue sa forme beaucoup moins agressives à première écoute, en plus que
certains reprochèrent plus que jamais à Reznor le caractère répétitif et peu subtil
de ses textes.
Pourtant, la musique de Reznor donne toujours limpression de sortir de lesprit
dun personnage tourmenté sur le point datteindre le fond du baril, et ce
dernier sait mieux que quiconque quun être rendu à ce stade ne cherche pas
forcément à faire dans lexercice de style. Et cest lune des raisons
justifiant le plus lapproche un peu contradictoire de Reznor sur cet effort et ce
qui en fait du même coup un album aussi efficace. À défaut davoir cherché
à encourager à nouveau les jeunes femmes sombres et mystérieuses à se trémousser sur Closer
ou a recréer la brutalité inouïe de March of the Pigs, Reznor parvint à
communiquer ces états dâmes dune manière beaucoup plus nuancée
musicalement, les rendant par le fait même plus effectives.
Reznor y va ainsi dune finesse intrumentale extrêmement bien manuvrée.
Après la foudroyante pièce aux allures space rock The Day the World Went Away,
les quelques notes de piano de The Frail devenant petit à petit celles dun
synthétiseur se veulent le meilleur indicateur des choses à venir. Dans
limmédiat, elles introduisent lune des compositions phares du disque,
lextraordinaire The Wretched. Dans le concept même de lalbum, il
sagit du calme avant la tempête. Un cycle constamment répété sur The Fragile.
Ainsi, lorsque Reznor ne sexprime pas par le biais de ses paroles, il sefforce
cette fois-ci dy aller d'une série de pièces instrumentales qui nen sont pas
moins agressives, entretenant ce perpétuel combat psychologique dont limaginaire
nous transportera même dans ce qui semble être un gigantesque champ de bataille sur la
barbare Pilgrimage.
La transition entre le premier et le second disque seffectue dune part grâce
à lenivrante The Great Below, laquelle na absolument rien à envier
à Hurt. Les hostilités sont ensuite relancées par le biais de la superbe
escalade musicale de The Way Out is Through. Cest ce second disque qui
plaira sans doute le plus aux fans purs et durs de The Downward Spiral. Car si The
Fragile peut être perçu comme étant un album moins efficace si lon désire
renouer unilatéralement avec le son plus rythmé de Nine Inch Nails, cest sur cette
deuxième moitié que les chansons répondant le mieux à cette description se retrouvent,
particulièrement en début de parcours où sont réunies les très accrocheuses Into
the Void, Where is Everybody et Starfuckers, Inc.
Ce nest malheureusement pas tout le monde qui aura bien voulu donner sa chance à The
Fragile, pensant à tord que la musique de Trent Reznor ne devrait être abordée
quen surface. Une erreur fatale qui causa du même coup une déception injustifiée
envers ce qui savère encore aujourdhui lalbum le plus accompli de Nine
Inch Nails à ce jour, révélant un travail studio extrêmement riche et aux textures
abondantes, mettant ainsi en valeur un Reznor plus artiste qui, quoi quon en pense,
avait énormément de suite dans les idées. Une galette pour le moins imposante qui, à
bien des égards, possède tous les éléments qui auront fait de The Downward Spiral
le mythe quil est devenu avec les années. Ceux-ci sont seulement apprêtés
dune manière quelque peu différente. |
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| - Jean-François Vandeuren, 18
Janvier 2006 |
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