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| PRETTY GIRLS MAKE GRAVES |
| Élan Vital |
| Matador |
| 2006 |
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| 7 sur 10 |
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Une formation concrète et uniforme
peut sembler essentielle à la survie ou même au bon départ d'un groupe. Rares sont les
fois où un groupe qui commence du mauvais pied réussit à survivre. Dans ce monde, le
mythe d'une chanteuse principale est hanté de préjugés et de stéréotypes. Les
exemples sont nombreux, mais le plus traditionnel des clichés demeure celui de la femme
prise dans un monde qui avance trop vite pour elle. L'arrivée de la modernité semble
trop compliquée pour ce type de formation souvent préfabriqué. Mais depuis quelques
années (et même avant), des archétypes de ce modèle sont venus briser le moule. Des
formations comme Denali ou Yeah Yeah Yeahs sont de parfaits exemples pour démystifier la
règle générale. Les mêmes passions et les mêmes rêves sont présents, mais les
méthodes sont complètement différentes. Dans la même veine, le groupe Pretty Girls
Make Graves de Seattle continue les mêmes exploits humbles avec son troisième album, Élan
Vital.
Composé des anciens membres de Kill Sadie et Murder City Devils (dont on sent
définitivement linfluence), le groupe a su évoluer à une vitesse fulgurante. On
se rappelle de l'album de 2003, The New Romance, qui fut très efficace pour nous
enivrer avec ses mélodies accrocheuses. Cependant, le problème avec cet album s'est
avéré sa longévité réelle. Avec un tel impact à la première écoute, on pouvait
s'interroger à savoir si l'effet de surprise du disque était interminable.
Malheureusement, la réponse était non. Après quelques écoutes, nous nous y sommes
habitués. Il est clair que si nous sortions chacun notre copie de The New Romance,
une profonde nostalgie nous emporterait. Avec son nouvel album, Pretty Girls Make Graves
attaque de la même manière et ne change aucunement sa stratégie. Une mention d'honneur
est décernée à la deuxième des filles du groupe, Leona Marrs. C'est la première fois
que le public a le droit d'entendre la claviériste sur un disque. Son ajout (dû au
départ de Nathan Thelen) est quasiment inaudible. En somme, l'effet instantané est
similaire. Comparativement aux études de Jules-Étienne Marey sur les suites de
photographies, le groupe capture aussi des moments mais manque le mouvement complet.
Le terme « précoce » s'applique quand même assez bien à Élan Vital. Dès la
première chanson, The Noctural House, les Pretty Girls déchargent toute la
puissance de leur son et du nouvel album. La synthèse de l'album est faite dès la
première minute (à la manière de Paranoid Android de Radiohead). Pretty Girls
Make Graves expose et se déshabille du premier coup. Inutile de dire que cette pièce est
la meilleure du disque. D'autres moments intéressants, notamment la mélodie de Parade
et les puissants violons sur Pearls On A Plate, viennent piquer notre curiosité.
Mais si l'album comme je l'ai déjà mentionné auparavant est surprenant aux premières
écoutes, il se vide de son contenu très vite. Il faut quand même accorder au groupe une
certaine cohérence dans ses compositions et au niveau de la structure, tant au niveau de
l'album comme unité qu'à l'intérieur même de chaque chanson.
Bref, Pretty Girls Make Graves offre un autre disque qui s'avère vite oublié. Par
contre, c'est la troisième fois que le groupe procure cet effet. Même s'ils sont la
saveur du mois à chaque album, il n'en demeure pas moins que l'événement se répète
tel un cercle vicieux à chaque nouvelle parution. Il devient très difficile de juger si
ceci est une bonne chose ou pas. Est-ce que le groupe s'assure une meilleure longévité
intégrale de cette manière? Il ne reste plus qu'à entendre leur prochain opus pour le
savoir. |
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| - Maxime Monast, 21 Mars 2006 |
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