QUEENS OF THE STONE AGE
Over the Years and Through the Woods
Interscope
2005
7 sur 10
Parfois la vie semble complètement dénuée de raison. Récemment emporté par une furieuse vague de rock n’ roll mettant en péril mes études, ma santé et, pire encore, ma carrière de funkirédacteur, me revoilà, déterminé à me remettre sur pieds. C’est ce moment qu’a choisi Interscope pour faire paraître cet album en concert de Queens of the Stone Age accompagné d’un DVD. Damnation…

Mettons d’abord les choses au clair. Il s’agit d’un disque et d’un DVD dans un même emballage. Mais contrairement à plusieurs «live» et à ce que le format peut suggérer, on a d’abord affaire à un DVD. Le disque, c’est de l’accompagnement, reprenant les mêmes enregistrements que le DVD en réduisant le tout à quatorze titres. Pratique pour vos déplacements, sans plus.

Le concert en question fut enregistré au Brixton Academy de Londres au cours de la tournée de Lullabies to Paralyze, plus récent album de la formation californienne. Pourquoi ce concert? Peut-être pour son côté mythique. Il s’agit de ces concerts qui semblent ne jamais devoir se produire . Il fut annulé une première fois en raison de problèmes aux poumons affligeant Josh Homme. QOTSA durent annuler quatre autre fois à la suite des attentats terroristes dans la métropole anglaise. Peu avant l’événement, Josh Homme se déchirait des ligaments au genou dans un concert en Australie. Alors que plusieurs auraient reculé, Homme décide d’honorer son contrat avec le public londonien. Il y a donc un aura particulier autour de ce concert. Mais plus encore, Over the Years and Through the Woods est à la hauteur de son titre, faisant le point sur la carrière de Queens of the Stone Age.

Le tout débute avec le leader et seul membre permanent Josh Homme et sa guitare acoustique, cigarette au bec dans une ruelle déserte, interprétant une Lullaby avec émotion alors que défilent divers segments d’archives vidéos illustrant les bons moments de cette longue aventure décadente que fut QOTSA. On y voit le groupe en concert récemment comme à ses débuts. On y voit les membres dans leur vie de tournée. On y voit même le célèbre batteur à temps partiel Dave Grohl et le proscrit Nick Oliveri. Touchant.

Mais tous ces beaux moments s’effacent alors que les membres entrent en scène. Question d’amorcer le tout, ils balancent à la foule londonienne l’explosive Go With The Flow, second extrait de Songs for the Deaf. Le concert s’annonce comme un événement de haute voltige. L’intensité ne redescend pas alors que la formation enchaîne avec un segment souvenir comprenant Feel Good Hit of the Summer, The Lost Art of Keeping a Secret et Regular John, issues de leurs deux premiers albums. Le groupe ne se gêne pas pour revisiter son répertoire plus obscur, y allant d'une majorité de pièces tirées des deux premiers albums et des inédites composées au cours de leurs aventures louches et sordides dans le désert.

L’enragée formation rock pimente la mi-temps avec Little Sister pour ensuite y aller d’un périple dans leur matériel plus obscur dont les meilleurs moments sont sans doute le long segment instrumental de You Can’t Quit Me Baby et deux inédites : I Wanna Make It Wit Chu et The Fun Machine Took a Shit and Died. Le groupe revient à son répertoire récent avec notamment Burn The Witch, I Think I Lost My Headache et Song for the Dead, suivi du départ de QOTSA qui précèdera le traditionnel et peu surprenant rappel.

Le groupe revient sur scène, à la non-surprise générale, et livre trois dernières chansons. D’abord, I Never Came, choix peu apprécié par ce rédacteur qui l’avait soulignée comme étant l’un des moins bons moments de Lullabies to Paralyze. Mais surtout, le groupe rend une spectaculaire version allongée de No One Knows, leur ultime succès. Et finalement, la conclusion qu’ils se devaient de faire avec Long Slow Goodbye, rendue avec intensité alors que défilent, encore une fois, diverses images du groupe en tournée, divers beaux moments de toutes ces années de rock.

Déjà, les fans seront satisfaits. Mais le matériel supplémentaire est aussi plutôt intéressant. Chaque album du groupe a droit à sa part de matériel inédit. Pas que la qualité soit nécessairement au rendez-vous, mais le tout a une importance sentimentale et historique pour tout groupie de rock. D’abord, les débuts. Mexicola et The Bronze, interprétées par les jeunots Homme et Oliveri devant une vingtaine de spectateurs ravis. Ou Autopilot, You Think I Ain’t Worth a Dollar But I Feel Like a Millionaire, Regular John et plus encore en concert dans ce qui ressemble au Cégep près de chez-vous. Et pourquoi pas Burn The Witch en concert avec la participation spéciale de Billy F. Gibbons, de ZZ Top?

Somme toute, QOTSA assurent avec cet album en concert. Ne nous méprenons pas : il s’agit d’un album pour fans invétérés. Les néophytes ou les moins ardents amateurs y trouveront peu à se mettre sous la dent. La prestation demeure solide et intense, mais côté présence scénique, un chanteur invalide d’une jambe fait ce qu’il peut… Les fans seront toutefois satisfaits par cette rétrospective complète qui, contrairement à la tendance, se veut plutôt un remerciement pour leur fidélité qu’une clôture de contrat.
- Jean-François Cadieux, 5 Décembre 2005

 

 

Pistes
cd
01 go with the flow
02 regular john
03 monsters in the parasol
04 tangled up in plaid
05 little sister
06 you can't quit me, baby
07 i wanna make it wit chu
08 leg of lamb
09 i think i lost my headache
10 mexicola
11 burn the witch
12 song for the deaf
13 no one knows
14 long slow goodbye
dvd
1 go with the flow
2 feel good hit of the summer
3 the lost art of keeping a secret
4 regular john
5 song for the deaf
6 avon
7 little sister
8 you can't quit me baby
9 i wanna make it with chu
10 monsters in the parasol
11 the fun machine took a shit and died
12 mexicola
13 burn the witch
14 covered in punks blood
15 i think i lost my headache
16 song for the dead
17 i never came
18 no one knows
19 long slow goodbye