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| MAX RICHTER |
| The Blue Notebooks |
| Fat Cat |
| 2004 |
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| 8.5 sur 10 |
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La musique classique nest pas la
tasse de thé de bien des gens. Il ne s'agit pourtant pas de ce répertoire que plusieurs
croient à tort prédestinée à lélite ou à une parcelle dintellectuels
cherchant à sen donner les airs. Mais il est vrai quil peut être assez
difficile de faire état de ces oeuvres que lon qualifie de chefs-duvres
depuis déjà plusieurs siècles, particulièrement dans le monde de la musique
daujourdhui. Le génie doit à tout le moins être reconnu, ça il ny a
pas de doute. Lassimiler, cest une tout autre histoire. Un peu comme Jóhann
Jóhannsson, Max Richter a compris quil y avait depuis trop longtemps un potentiel
inexploité pouvant allier la musique classique à une tangente plus accessible grâce,
entre autre, à la musique électronique. Dun mouvement quil baptisa
post-classique, Richter nous propose avec The Blue Notebooks un deuxième effort
des plus raffinés, mais qui peut néanmoins être approché sans crainte de se retrouver
devant une uvre aux élans excessifs.
Le meilleur terme que nous pouvons employer pour définir le travail de Max Richter serait
sans le moindre doute élégant. Cette minutie, il la met en valeur dans ce cas-ci
dune façon généralement minimaliste, mais qui parvient à aller chercher toute la
richesse du piano du principal intéressé et des violons et violoncelles de ses
accompagnateurs, formant une fresque musicale très intime, nous faisant visiter
dune certaine façon la chambre dun auteur se laissant peu à peu envahir par
les écrits de ce dernier. Richter sinspire dailleurs de lunivers
littéraire de Franz Kafka et Czeslaw Milosz, de qui lactrice britannique Tilda
Swinton récite quelques extraits à titre dintroduction ou dintermède, le
tout accompagné du tapement dune machine à écrire.
Richter samuse également à donner à sa musique des airs très cinématographiques
qui rappelleront les élans au piano de Yann Tiersen, et même parfois luvre
dErik Satie, comme sur la pièce Horizons Variations. Vladmirs Blues
et ses chants angéliques nous feront ensuite entrer dans lantre dun
personnage de film dhorreur classique. Cest dailleurs cette force de
Richter lui permettant de placer ses pièces dans un contexte imagé rapidement
identifiable et envahissant qui donnent à The Blue Notebooks une force
émotionnelle ahurissante dépassant de beaucoup celle de la recherche musicale. Richter
revisite également certaines bases du courant classique grâce à des variations
dinstruments parsemées dune légère touche électronique ambiante dans la
même veine que des compositeurs tels Philip Glass et Brian Eno.
The Blue Notebooks amène donc à la musique classique une facette plus légère,
mais tout aussi intriguante, permettant la mise en scène dun voyage parfaitement
orchestré par son maitre de cérémonie. Passant par les couleurs du cinéma, là où le
genre sest depuis longtemps réfugié, Max Richter livre un second opus dont les
compositions ne sencombrent jamais dune expérimentation chaotique, amenant à
lopposée ses ambitions vers des avenues plus mélodiques qui ont tout
denvoutantes. Richter nous offre dailleurs des pièces plutôt courtes dont
seulement trois dépassent véritablement les six minutes. Mais ce sont ces plus gros
morceaux qui forment les moments les plus consistants de lalbum, alors que Shadow
Journal marquera par sa rythmique pesante darrière-plan, et la sublime Written
on the Sky viendra mettre un terme à The Blue Notebooks comme si elle
accompagnait la dernière scène dun film se situant quelque part entre la tragédie
et le renouveau. |
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| - Jean-François Vandeuren, 6 Juin
2005 |
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