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| THE ROOTS |
| Game Theory |
| Def Jam |
| 2006 |
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| 8 sur 10 |
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Je suis complètement vendu à The
Roots. Je mexcuse même de critiquer cet album dont je devinais approximativement la
note avant même de l'avoir entendu. Cest bien simple : je ne pense pas que ce
groupe, à la fois authentique et humble, puisse nous décevoir. Un album comme Things
Fall Apart avait des beats malades et des collaborations trop propices, tandis que Phrenology
se présentait comme une série de bombes trop fortes pour nos oreilles. Plusieurs gens
avaient peur du retour de Black Thought et de sa bande. Peut-être est-ce dû au passage
de The Tipping Point, un album qui narrivait pas la cheville de ses
prédécesseurs. Cétait un disque qui prenait un certain temps à apprivoiser. Ce
nouvel album, Game Theory (le premier sur létiquette de Jay-Z), remet les
pendules à lheure et prouve une fois de plus que les canons à succès de The Roots
ont encore plusieurs projectiles en réserve.
Game Theory nous surprend à plusieurs niveaux. La première exclamation nous est
arrachée par le retour sur pas moins de trois pièces de Malik B, membre-fondateur de The
Roots. Le groupe avait décidé de virer le MC à cause de ses problèmes de drogue. Les
adeptes se souviendront que la pièce Water de Phrenology était dédiée à
Malik et simulait une overdose (en version musicale). Deuxièmement, la majorité de la
publicité de lalbum semble espérer que l'on va tomber sur le cul en entendant la
pièce Atonement. Eh oui, cest bien vrai: The Roots échantillonne Radiohead.
Applaudisssez pour laudace! En fin de compte, il me semble que seul The Roots peut
se tirer avec un morceau You And Whose Army? sans se cassser la gueule. Et devinez
quoi? La pièce est excellente. Bref, ce retour de The Roots générait chez certains
quelques petites attentes. Heureusement la majorité, tout le monde est heureux et un
autre album rap de qualité vient de s'ajouter à notre collection.
Lalbum ouvre ses portes tranquillement avec une pièce plutôt mélo, False Media.
On y retrouve la densité valorisée par le groupe tant au niveau de la musique que des
textes. Axée sur un refrain grave et accrocheur, la pièce introduit bien le nouvel
album. Cependant, cest Game Theory qui, après une minute dintroduction,
révèle la grande cadence de Black Thought ainsi qu'un beat plus rythmé. Le simple Dont
Feel Right semble aussi fort et cohérent que le reste de lalbum. Sa
sensibilité pop ne lui enlève rien et elle s'amalgame bien au reste du disque. Parmis
les autres moments intéressants de lalbum, on dénote lhommage à J Dilla Cant
Stop This, labondance de guitares sur Here I Come et bien sûr,
l'exploration du coté plus R&B du groupe sur Clock With No Hands. Les bonnes
chansons ne sont pas rares sur ce nouvel album.
Game Theory n'a qu'un seul problème. Il révèle un côté plus relaxe et mature
du groupe. La réflexion sur des sujets dactualités sinstaure au sein de lensemble
et on laisse les pièces voguer, mais on ne retrouve aucunement la puissance que le groupe
dégage en spectacle ou sur ses disques précédents. Lalbum offre une expérience
d'écoute plus passive à reléguer en arrière-plan. Le disque souffre de son fil
conducteur trop précis, de sa cohérence exagérée. Malgré tout, Game Theory
vaut la peine dêtre entendu et même, adoré. Il ny a rien de plus excellent
que de se promener en voiture en projetant The Roots dans les oreilles des cyclistes, des
automobilistes et des piétons. Bonne conduite! |
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| - Maxime Monast, 30 Août 2006 |
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