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| SYSTEM OF A DOWN |
| Hypnotize |
| American/Columbia |
| 2005 |
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| 8 sur 10 |
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Six mois après nous avoir largué la
bombe dénergie pure quétait Mezmerize, System of a Down est arrivé
avec la deuxième partie de leur opus, Hypnotize. Malgré quil soit forgé du
même fer que le précédent, cet album lui est supérieur en plusieurs points, mais
continue au malheur de plusieurs leur tradition de nuire à des compositions
si puissantes avec des paroles nulles ou dénuées de sens. De surcroît, Daron Malakian na
pas encore appris quil est bien meilleur guitariste que chanteur, et quil
devrait arrêter de tenter de voler la vedette à Serj Tankian.
Mais avant détendre mes plaintes, je vais mattarder à lélément qui
rapproche Hypnotize du chef-duvre quil est presque, la musique.
Nous sommes ici en présence dun escadron de musiciens finement entraînés et en
parfaite maîtrise de leur art.
Les guitares de Daron Malakian, tout en gardant la pesanteur qui on fait leur renommée,
sont désormais munies dune plus grande touche de mélodie et de complexité quauparavant
surtout dans les pièces Hypnotize, U-Fig et Holy Mountains
chose que lon avait pu aussi constater sur Mezmerize. Qui plus est, le
guitariste na point peur dexplorer des territoires mélodiques chromatiques,
reflétant à merveille linfluence de Slayer sur la musique du groupe. Il vient
même sauver la moins excitante pièce du disque, Lonely Day, rendue insupportable
par ses paroles médiocres, par un rare solo fort agréable. Et que dire des harmonies qui
compléter ces murs de guitares, sinon que les sonorités moyen-orientales du groupe se
raffinent à chaque effort?
Quant à lui, le batteur John Dolmayan sy réjouit et fesse de plus belle sur ses
peaux, en ouvrant la marche sur Attack et Dreaming avec des blast-beats
bien ressentis et variant les tons et tempos tout au cours de lalbum. Dailleurs,
les textures rythmiques tribales et plus « musique du monde » offrent un contraste
intéressant à la batterie plus traditionnelle du métal. Les rythmes sont dailleurs
plus variés et inspirés que sur Mezmerize, où blast-beats modérés et
rythmes surf-rock dominaient et devenaient un peu lassantes à la longue.
Et que dire des chants de Serj Tankian, qui est de retour en force, car beaucoup plus
présent sur ce tome? Ils sont tout simplement sublimes. Le (vrai) chanteur du groupe
donne à ces chansons son âme entière et les pourvoit dun caractère dramatique et
passionné, voire opératique, sans jamais sombrer dans lexcès. Dautre part,
les harmonies vocales présentes sur cet ouvrage et son prédécesseur amplifient
remarquablement les mélodies des pièces, ce que très peu de groupes de métal
parmi les quelques uns qui incorporent de vraies mélodies à leurs chants
réussissent à accomplir. Sur une note plus négative, la voix nasillarde de Malakian est
toujours présente, sur biens des pièces, et je dois vous dire que je lai beaucoup
moins appréciée que sur Mezmerize, où elle était un élément de surprise
alors quici elle est plus déplaisante quautre chose lorsque mise en avant
plan.
Malgré quelques textes évocateurs et bien écrits, dans les pièces Holy Mountains,
Tentative, Soldier Side et Attack, le reste des paroles laissent à
désirer, comme je lai mentionné précédemment. Le plus frustrant dans tout ça
sont certaines des pièces où les textes pourraient être fort intéressants, mais qui
perdent tout sens ou inspiration en cours de route (je pense ici à Dreaming, Hypnotize
et Stealing Society).
Donc, même si lalbum a ses points faibles et quils ont lair
particulièrement nuisibles, dites vous que cest loin dêtre si pire, car lentité
musicale quest SOAD passe dangereusement près du chef-duvre avec Hypnotize.
Les moments les plus forts de lalbum sont dailleurs Holy Mountains, Tentative,
Dreaming et la pièce titre, où le mariage compo/textes et linterprétation
passionnée sont vraiment à tout casser. Espérons seulement que Daron va réaliser que
System est un groupe et non son projet solo, et que sa voix reste plus agréable pour les
back-vocals
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| - David De Garie-Lamanque, 18
Janvier 2006 |
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