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| TARMVRED |
| Viva 6581 |
| Ad Noiseam |
| 2003 |
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| 8 sur 10 |
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Afin de préparer mon dossier sur la
musique inspirée des jeux vidéos de notre enfance, je vous présente la dernière
parution de Jonas Johansson, compositeur, producteur et musicien de Goteborg, qui brouille
complètement les frontières de la musique électronique expérimentale. Son EP Viva
6581 pour létiquette Ad Noiseam, paru à lété 2003, est preuve de son
génie créatif. Ses points de départ sont lindustriel et le powernoise, quil
amalgame aisément au drill n bass, garnissant ce paysage rythmique chaotique dun
ensemble de mélodies nous rappelant les jeux vidéos de Commodore 64 et de Nintendo.
Le titre de ce petit bijou et sa sonorité dominante fait dailleurs référence à
la carte de son du Commodore 64, le MOS6581 qui, grâce à son arsenal de blips
vraisemblablement incohérents, rassemblés en mélodies joviales et enivrantes, a fait
frémir de nombreux jeunes coeurs à son époque. Entendre de pareils sons de nos jours,
et sachant quils proviennent de la carte de son originale (et non dun
quelconque émulateur comme il en pullule sur Internet), évoque un fort sentiment de
nostalgie chez les gens de notre génération
et en plus Johansson y ajoute une
touche dansante!
Aussi friand quil est de mélodies accrocheuses et joyeuses à souhait, il trouve le
moyen de nous balancer deux ou trois tonnes de structures rythmiques distorsionnées, à
la limite des fondations solides du drum n bass et du hip hop, et du chaos contrôlé (ou
non?) du noise et du breakcore. On pourrait comparer les expériences du Suédois à une
soirée Nintendo entre Merzbow et Aphex Twin. La superposition de ces éléments forts
contradictoires créée donc un environnement des plus déconcertants, mais des plus
fascinants car, malgré les intenses assauts bruitistes, on se rappelle clairement des
mélodies, qui viennent nous hanter telles un tube visiblement radiophonique!
Les moments les plus agréables de ce EP se trouvent dans 6, prenant véritablement
son envol une fois le thème principal étant de la partie (fantastique sur un plancher de
danse, mais pas pour les plus feluettes). Un événement du même calibre se reproduit à
lapogée de 5, où éléments rythmiques et mélodiques convergent dans une
violente fanfare électronique unique au style de Johansson. Afin de satisfaire les mordus
du beat les plus exigeants, celui-ci installe un délicieux freak out de
percussions distorsionnées, évoquant un jam tribal post-apocalyptique la tempête
qui balaie tout sur son passage suite à une légère accalmie cen est le
point culminant du EP. Johansson clôt ensuite ces 19 minutes dextase
expérimento-nostalgique avec 1, qui reprend les structures rythmiques de sa pièce
Små Grodorna à une cadence plus lente, un croisement entre trip hop et breakcore,
livrant un message de destruction imminente de lhumanité à ses comparses
robotisés sans retirer un brin de joie à latmosphère! Et je cite (dans une voix
de vocoder) : « I am Digidroid
I destroy Humanoïd! »
Bref, Tarmvred est comme un Kid 606 avec plus de maturité et de talent de compositeur,
peintre de paysages sonores à la fois chaotiques et dévastateurs, nostalgiques et
enfantins, accessibles autant qu'ils sont follement expérimentaux. Un incontournable,
malgré la difficulté de le trouver dans ce pays. |
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| - David De Garie-Lamanque, 29 mars
2006 |
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