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| WOLFMOTHER |
| Wolfmother |
| Interscope/Modular |
| 2006 |
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| 5.5 sur 10 |
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Jai un problème. On dit que de
ladmettre est la première étape vers la rémission. Je lavoue donc, la tête
basse et la fierté en vacances. Je suis addicté à ce fameux renouveau des années 70. Jen
rêve nuit et jour; je vis pour la prochaine dose de rock ressortie des vieux tiroirs de
cette époque de feu. Cest ce vif sentiment de manque qui ma poussé à me
procurer le premier album distribué en Amérique de la formation australienne Wolfmother.
Dabord, il ne faut pas confondre Wolfmother avec Wolf Parade, Wolf Eyes, We Are
Wolves ou Aids Wolf. Le jeune trio de Sydney na absolument rien à voir avec le
canidé tsunami qui balaye le rock indie. Wolfmother ressemble plutôt aux vieux vinyles
de votre père. Si votre père était un voyou. Sinspirant de Black Sabbath et de
Led Zeppelin jusquaux frontières de la copie conforme, Wolfmother donne dans le
vieux métal trentennaire puisque tout comme les gigantesques lunettes de soleil, le gros
rock est lui-aussi de retour en force.
On ne peut me blâmer davoir sauté sur ce disque. Après tout, une écoute rapide
de certaines pièces de cet album en pousserait plusieurs à faire de même. Dès la
première écoute de louverture du disque, Dimension, on a envie de se faire
pousser les cheveux jusquau milieu du dos. Débutant avec un riff dune autre
époque, la chanson montre les dents dentrée de jeu. Et que dire de la voix dAndrew
Stockdale, se situant dans la zone grise entre Robert Plant, Ozzy Osbourne et un Cedric
Bixler sans distorsion. Mais c'est lorsqu'arrive le tonitruant refrain qu'on est vraiment
convaincu. On se rend compte que Wolfmother ne sinspire pas de Black Sabbath; cest
du Black Sabbath! Du solide.
Lalbum se poursuit avec White Unicorn, qui débute avec quelques accords de
guitare annonçant une salve droite sortie de la vieille école. Et cest à ce
moment précis quon commence à se poser des questions. Des textes de licornes, la
voix haut perchée, la guitare clean pleine d'écho prête à affonter les grandes
foules
ce groupe ne sinspire pas de Led Zeppelin; cest du Led Zeppelin!
Impression qui ne sera que confirmée par Woman, le simple du groupe de même que
sa seconde pièce zeppelinesque consécutive sur lalbum. Comme une sorte de Rock
and Roll deux générations plus tard. Et la pièce suivante ne vient pas briser la
séquence : une ballade acoustique parlant de cité des rêves, daigles et darcs-en
ciel? Robert Plant nest jamais tellement loin
Tout à coup surgit une nouvelle voix quon connaît bien surplombant un riff
effréné. Une voix saccadée, intense, presque caricaturale. Et pendant une seconde, on
pense que Jack White vient mettre son grain à la chanson Apple Tree. Mais on se
rend vite compte que cest encore une fois Stockdale qui excelle à imiter tout ce
qui ressemble plus ou moins à Robert Plant. Cest probablement à ce point quon
commence à trouver que Wolfmother exagère un peu. Les trois compères enchaînent avec Joker
& the Thief. On pourrait me traiter de paranoïaque quand je dis que cest
une référence claire à All Along the Watchtower si cétait un autre
groupe, mais pas dans le cas de Wolfmother. La chanson na toutefois rien de plus en
commun que le titre avec Hendrix ou Dylan, y allant plutôt denvolées de guitare et
de clavier rappelant un soupçon de Deep Purple. Mais parions quil sagit
plutôt de linfluence de lalbum de Sabbath avec Rick Wakeman
La suite de lalbum, elle-aussi, néchappe guère aux comparaisons faciles. Minds
Eyes, une power ballad qui ressemble tout de même un peu à The Widow, de Mars
Volta, demeure lune des pièces sympathiques du disque. Tales, dont la pop
psychédélique est nettement moins goudronneuse que Sabbath tout en manquant une dose darcs-en-ciel
et de drogue pour atteindre le psychédélisme de Led Zeppelin, sinscrit tout de
même bien dans le carcan de lalbum. La tentative funk de Love Train, quant
à elle, diffère du reste du menu, mais pas nécessairement dune façon positive.
Du funk à la Sabbath? Pourquoi pas un hot dog michigan au saumon? Vagabond nous
ramène à Led Zeppelin III pour conclure lalbum sans toutefois
véritablement prendre la place qui lui revient.
Il faut dire les choses comme elles sont : Wolfmother est lun des albums les
moins originaux que jaie entendu de mon vécu. On ne peut toutefois quapprécier
le soucis écologique du groupe : lalbum est fait à 95% de matière recyclée! Mais
attention; il ne faudrait pas prendre toutes ses comparaisons comme étant nécessairement
une preuve de nullité complète. Sil est vrai que la base années 70 de Wolfmother
est plus grande que lîle de Montréal, il faut leur accorder le fait quils sinspirent
de cette époque avec un certain brio. Des pièces comme Dimension,Woman ou Minds
Eyes sécoutent très bien, sourire niais à lappui. Mais tout au long du
disque, on est un peu conscient de se faire prendre pour un imbécile. Les références du
groupe sont aussi subtiles quun coup de poing en pleine poire. Mais peut-on vraiment
leur en vouloir? Après tout, on parle de ce que plusieurs sentendraient pour
qualifier dâge dor du rock! Bien, jusquà ce que le groupe se trouve
une personnalité, que le jeu du batteur se développe en force divine aussi puissante que
John Bonham et que la composition soit plus cohésive et centrée sur les chansons, oui,
on pourra leur en vouloir. Wolfmother savère donc un album uniquement
recommandé aux rockeurs nostalgiques un peu névrosés de la trempe de ce rédacteur. |
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| - Jean-François Cadieux, 27 Mai
2006 |
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