À quoi peut-on sattendre
lorsquun artiste part en tournée pour faire la promotion dun dernier album
qui nest somme toute pas aussi fort que lon espérait? Le public suivra-t-il
simplement? Dans un monde où la musique n'est souvent que mode, un artiste dont les jours
les plus glorieux sont quand même déjà cinq années derrières peut-il espérer remplir
une salle comme le Métropolis? Il faut croire que oui, car malgré un décevant Hotel,
cest à guichet fermé que Moby présentait son tout dernier spectacle. Suite à
cette prestation, seulement deux mots nous viennent en tête: si seulement... Si seulement
Hotel navait pu être que la moitié de lintensité des quelques deux
heures que nous venions de passer en compagnie de lancien DJ originaire de New York.
Car il faut bien lui donner au moins cela, Moby est dans son élément sur scène, et il
la on ne peut plus prouvé lors de son dernier passage dans la métropole.
Mais avant que Moby ne débarque sur scène, une première partie fut assurée par le
Canadien Buck 65, venu faire une courte apparition denviron trente minutes pour nous
raconter ses étranges histoires de sa voix rauque rappelant légèrement Tom Waits sur un
fond de musique mélangeant rock et hip hop. Nous lançant quelques confettis à
loccasion et nous faisant part de ses talents au scratch, Buck 65 fit tout de même
de cette performance plutôt brève, trop même, une apparition remarqué quil
termina par une excellente prestation de son succès Wicked and Weird.
Les lumières séteignirent à nouveau environ quinze minutes plus tard pour laissé
place à My Weakness, dernière pièce de Play, et quelques lumières vertes
se berçant au rythme de la douce mélancolie de cette dernière. Débarquèrent ensuite
sur la scène Moby et ses musiciens pour partir le spectacle en force avec coup sur coup Extreme
Ways et lune des pièces fortes de Hotel, Raining Again. Moby
livra ensuite un spectacle où Play fut à lhonneur. On y retrouva une
version beaucoup plus rock de Honey, un coup de cur, une plus tranquille Natural
Blues, ainsi que les toujours frappantes South Side, Gwen Stefani en moins, et Body
Rock. La classique Porcelain vint également calmer les ardeurs des élans plus
dansant qui auront sans grande difficulté fait vibrer le Métropolis.
Bien évidemment, Moby se devait de mettre en valeur son dernier opus, Hotel. Chose
quil a réussi dune manière assez surprenante alors que même lune des
pièces les moins enivrantes de lalbum, Very, devint un morceau disco
extrêmement entrainant. Même la version adoucie de Temptation de New Order,
accompagnée par la chanteuse et complice de longue date de Moby Laura Dawn se révéla
comme une visite tout à fait convaincante, mais ne vola pas non plus la vedette aux
pièces phares du disque, soit Where You End et Slipping Away auxquelles
Moby rendit plus que justice. Il sagit dun spectacle qui réserva également
sa part de bonnes surprises. Moby samusa entre autre avec son guitariste dans un
impressionnant duel de solo de guitare quasi heavy métal auquel il mit fin par quelques
notes plus douces d'un morceau de Pink Floyd. Ce dernier samusa tout autant à
improviser un orchestre de cabaret jazz dun bateau de croisière en reprenant Sweet
Child O Mine de Guns and Roses, ainsi que léternel Creep de
Radiohead.
Moby fut évidemment lun des artistes importants de la scène électro-danse des
années 90. Ne reniant aucunement son passé, il nous a bien sûr offert quelques pièces
purement technos de cette époque, comme sa première parution sous son pseudonyme, Go,
quil livra à grands coups de tamtam sous un jeu de lumières stroboscopiques face
auxquelles il vallait mieux ne pas être épileptique. Le spectacle se termina
dailleurs sur une note similaire avec Feeling So Real du culte Everything
is Wrong. Le plus impressionnant dans toute cette histoire, cest que ces pièces
ne paraissaient jamais comme étant dépassées par le temps, même si le monde de la
musique a bien changé depuis. Malgré tout, la foule ne pouvait quen redemander, et
Moby livrer avec exaltation ses morceaux les plus connus en prenant soin de remercier
sympathiquement après pratiquement chaque chanson un public toujours fidèle au poste
après toutes ces années.- Jean-François Vandeuren, 25 Avril 2005
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