MOBY + BUCK 65
Métropolis // 17 Avril 2005
À quoi peut-on s’attendre lorsqu’un artiste part en tournée pour faire la promotion d’un dernier album qui n’est somme toute pas aussi fort que l’on espérait? Le public suivra-t-il simplement? Dans un monde où la musique n'est souvent que mode, un artiste dont les jours les plus glorieux sont quand même déjà cinq années derrières peut-il espérer remplir une salle comme le Métropolis? Il faut croire que oui, car malgré un décevant Hotel, c’est à guichet fermé que Moby présentait son tout dernier spectacle. Suite à cette prestation, seulement deux mots nous viennent en tête: si seulement... Si seulement Hotel n’avait pu être que la moitié de l’intensité des quelques deux heures que nous venions de passer en compagnie de l’ancien DJ originaire de New York. Car il faut bien lui donner au moins cela, Moby est dans son élément sur scène, et il l’a on ne peut plus prouvé lors de son dernier passage dans la métropole.

Mais avant que Moby ne débarque sur scène, une première partie fut assurée par le Canadien Buck 65, venu faire une courte apparition d’environ trente minutes pour nous raconter ses étranges histoires de sa voix rauque rappelant légèrement Tom Waits sur un fond de musique mélangeant rock et hip hop. Nous lançant quelques confettis à l’occasion et nous faisant part de ses talents au scratch, Buck 65 fit tout de même de cette performance plutôt brève, trop même, une apparition remarqué qu’il termina par une excellente prestation de son succès Wicked and Weird.

Les lumières s’éteignirent à nouveau environ quinze minutes plus tard pour laissé place à My Weakness, dernière pièce de Play, et quelques lumières vertes se berçant au rythme de la douce mélancolie de cette dernière. Débarquèrent ensuite sur la scène Moby et ses musiciens pour partir le spectacle en force avec coup sur coup Extreme Ways et l’une des pièces fortes de Hotel, Raining Again. Moby livra ensuite un spectacle où Play fut à l’honneur. On y retrouva une version beaucoup plus rock de Honey, un coup de cœur, une plus tranquille Natural Blues, ainsi que les toujours frappantes South Side, Gwen Stefani en moins, et Body Rock. La classique Porcelain vint également calmer les ardeurs des élans plus dansant qui auront sans grande difficulté fait vibrer le Métropolis.

Bien évidemment, Moby se devait de mettre en valeur son dernier opus, Hotel. Chose qu’il a réussi d’une manière assez surprenante alors que même l’une des pièces les moins enivrantes de l’album, Very, devint un morceau disco extrêmement entrainant. Même la version adoucie de Temptation de New Order, accompagnée par la chanteuse et complice de longue date de Moby Laura Dawn se révéla comme une visite tout à fait convaincante, mais ne vola pas non plus la vedette aux pièces phares du disque, soit Where You End et Slipping Away auxquelles Moby rendit plus que justice. Il s’agit d’un spectacle qui réserva également sa part de bonnes surprises. Moby s’amusa entre autre avec son guitariste dans un impressionnant duel de solo de guitare quasi heavy métal auquel il mit fin par quelques notes plus douces d'un morceau de Pink Floyd. Ce dernier s’amusa tout autant à improviser un orchestre de cabaret jazz d’un bateau de croisière en reprenant Sweet Child O’ Mine de Guns and Roses, ainsi que l’éternel Creep de Radiohead.

Moby fut évidemment l’un des artistes importants de la scène électro-danse des années 90. Ne reniant aucunement son passé, il nous a bien sûr offert quelques pièces purement technos de cette époque, comme sa première parution sous son pseudonyme, Go, qu’il livra à grands coups de tamtam sous un jeu de lumières stroboscopiques face auxquelles il vallait mieux ne pas être épileptique. Le spectacle se termina d’ailleurs sur une note similaire avec Feeling So Real du culte Everything is Wrong. Le plus impressionnant dans toute cette histoire, c’est que ces pièces ne paraissaient jamais comme étant dépassées par le temps, même si le monde de la musique a bien changé depuis. Malgré tout, la foule ne pouvait qu’en redemander, et Moby livrer avec exaltation ses morceaux les plus connus en prenant soin de remercier sympathiquement après pratiquement chaque chanson un public toujours fidèle au poste après toutes ces années.

- Jean-François Vandeuren, 25 Avril 2005