Il n'y avait pas beaucoup plus qu'une
soixantaine de personnes dans le minuscule O Patro Vys du coin Mont-Royal et Saint-Denis
pour cette dernière soirée Labprojects de la saison. C'était presque autant de gens
pour assister au spectacle qu'il n'y avait de musiciens sur scène. Mais je suis convaincu
que tous ceux qui sont venus assister à cette soirée d'improvisation des plus inspirée
sont ressortis avec les oreilles saturées de bonheur. Parce qu'il y a eu plusieurs
sommets remarquable durant la soirée pour un nombre fort limité de temps morts, où le
groupe cherchait une direction sans sembler en trouver.
Le concept des soirées Labprojects est simple. On envoi sur scène une bande de musiciens
montréalais oeuvrant dans des genres disparates et on espère que leur interaction sera
fructueuse plutôt qu'aride. Ce soir, le résultat fut des plus convaincants. La présence
de deux saxophones aura clairement orienté la soirée dans une direction jazz, mais la
variété d'instruments et le nombre imposant d'individus sur scène ajoutait une teinte
électronique et quelques reflets post-rock à cet ensemble éclectique oscillant entre le
planant et le funky. Pas de doute, le puriste moyen aurait été repoussé par la chose.
L'initiative des productions Moondata de Matthew Lederman, Ryhna Thompson et Peter X.
rassemblait pour cette dernière soirée, avant un retour annoncé pour l'automne
prochain, des musiciens d'une foule de formation dont les Unicorns, le Bell Orchestre,
Millipede et Ark of Infinity en plus de profiter de l'appui des talentueux bidouilleurs
électroniques P-Love et Ghislain Poirier. Un invité surprise ressemblant étrangement à
un certain Koala bien connu de la faune montréalaise est venu impressionner la foule par
son indéniable maîtrise de la table tournante.
Les MC promis ne se sont finalement jamais pointés mais la soirée s'est tout de même
très bien déroulée. L'imprévisibilité fait partie du charme du Labproject. En
général, ce semble être cet élément de surprise ainsi que l'incroyable diversité des
participants qui semble plaire à ceux-ci. On ne sait pas à quoi on assistera justement
parce que, jusqu'à la dernière minute, les musiciens ne savent pas ce qu'ils vont
présenter.
Parmi les bons moments de la soirée sont à noter un passage plus calme rappelant
vaguement Dave Douglas, un solo d'harmonica jazz fantastique, des envolées de slide
guitar envoûtants et certaines explosions instrumentales d'une intensité fantastique à
faire frémir les amateurs de Do Make Say Think. Dommage que si peu de gens aient assisté
à la performance: cette réunion amicale entre musiciens valait la peine d'être vue. En
attendant la prochaine soirée Labprojects, je ferai pour ma part une bonne dose de
publicité positive. Le spectacle valait le détour.- Alexandre
Fontaine Rousseau, 9 Mai 2005
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